Au cours des dernières années, une attention croissante a été accordée aux conséquences écologiques potentielles de la perte de biodiversité. Les écosystèmes exploités fournissent des produits directement utilisés par l'homme et commercialisés. Mais les écosystèmes de tous types, de par leur fonctionnement naturel, assurent aussi indirectement des « services » écologiques aux sociétés humaines, services qui ne sont pas évalués par les mécanismes économiques classiques du marché mais dont l'importance pourrait être considérable. Ces services incluent le maintien de la qualité de l'atmosphère et la régulation du climat, le contrôle de la qualité de l'eau et du cycle hydrologique, et la formation et le maintien de la fertilité des sols.
La perte de biodiversité résultant de l'extension des activités humaines risque-t-elle d'altérer les grands processus fonctionnels des écosystèmes — essentiellement flux de matière et d'énergie — que ce soit à l'échelle locale, régionale ou globale (biosphère) ? Cette question est ainsi devenue l’un des grands problèmes prioritaires de l'écologie actuelle. En témoigne l'importance que prend ce problème dans les programmes internationaux Diversitas et IGBP (International Geosphere Biosphere Programme). En témoigne également la multiplication des articles sur ce sujet dans les grandes revues scientifiques généralistes au cours des dernières années.
Les enjeux scientifiques et, à terme, socio-économiques dans ce domaine sont donc considérables. Il s'agit notamment de :
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participer à l'émergence d'un nouveau domaine de recherche à l'interface entre écologie des communautés et écologie des écosystèmes, |
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contribuer aux grands programmes internationaux dans ce domaine, |
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comprendre et prédire les effets d'une perte de biodiversité sur les services écologiques dont bénéficient les sociétés humaines, |
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fournir de la sorte les connaissances nécessaires à l'évaluation des impacts sociaux et économiques à long terme de cette perte de biodiversité. |
Les connaissances acquises antérieurement sur le rapport entre biodiversité et fonctionnement des écosystèmes étaient fondées principalement sur l'observation et la comparaison. Les progrès récents dans ce domaine sont dus à l'apparition d'approches expérimentales rigoureuses souvent à l'aide de systèmes expérimentaux de grande envergure. L'élaboration de modèles mathématiques appropriés, quoique encore relativement limitée, permet d'entrevoir des développements théoriques correspondants, tout aussi indispensables pour fournir des généralisations, des prédictions et des interprétations des résultats expérimentaux.
La plupart de ces progrès, toutefois, ont concerné jusqu’à présent un éventail assez étroit d’écosystèmes, de processus fonctionnels et d’organismes — essentiellement les processus végétaux dans les écosystèmes de prairie et certains micro-organismes en microcosmes aquatiques. De nombreuses questions subsistent aussi concernant les relations entre biodiversité et fonctionnement des écosystèmes à des échelles plus grandes, que ce soit dans le temps (effets à long terme) ou dans l’espace (effets à l’échelle du paysage ou de la région). Enfin, il convient de prolonger les recherches récentes au-delà d’une simple perspective de recherche fondamentale, pour aborder les impacts de changements de biodiversité sur un certain nombre de services écologiques importants.
Le réseau Biodiversité et fonctionnement des écosystèmes a pour objectif d’identifier les besoins, de susciter l’émergence de projets, de coordonner les recherches et de favoriser les activités de synthèse (ateliers...) dans ce domaine en France.
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