Insitut français de la biodiversité

Quelques chiffres

Données sur l’état général de la biodiversité en 2004


Les espèces en danger sur la planète

  • 15 589 espèces sont menacées d’extinction et répertoriées en tant que tel ( de « vulnérable » à « en danger critique d’extinction ») dans la liste rouge publiée par l’UICN en 2004.
  • 1,9 million d’espèces ont été décrites sur un total estimé entre 5 et 30 millions.
  • Au cours des 500 dernières années, les activités humaines ont conduit 844 espèces répertoriées à s’éteindre (complètement ou à l’état sauvage)(ex : le dodo, la rhytine de Steller, le zèbre quagga, le pingouin impérial...).
  • Une espèce de mammifères sur 4 et une espèce d’oiseaux sur 8 devra faire face à un risque élevé d’extinction dans un futur proche.
  • Une espèce d’amphibiens sur trois et presque la moitié des tortues aquatiques sont menacées.
  • Le taux actuel d’extinctions d’espèces serait de 100 à 1000 fois plus élevé que le taux d’extinction de fond mesuré au cours des temps géologiques et dû au renouvellement normal des écosystèmes. 
  • Sur les129 extinctions d’espèces d’oiseaux répertoriées, 103 se sont produites depuis 1800, ce qui représente un taux d’extinction 50 fois plus élevé que le taux d’extinction de fond.
  • Le nombre total d’espèces animales menacées est passé de 5205 en 1996 à 7266 en 2004.
  • La dégradation et la perte des habitats affecte 86% de tous les oiseaux menacés, 86% des oiseaux menacés et 88% des amphibiens menacés.
  • L’ensemble des 21 espèces d’albatros est aujourd’hui globalement menacé alors que seulement 3 espèces l’étaient en 1996 et cela à cause de la pêche aux filets dérivants, qui menace en tout 83 espèces d’oiseaux.

Source : UICN, www.redlist.org

L’état de la biodiversité en France

La France est une nation très riche en biodiversité : sur les 238 principales éco-régions recensées par le WWF, 17 sont françaises, dont 14 outre-mer.

En métropole, il y a 135 espèces de mammifères recensées, 357 espèces d’oiseaux, 38 espèces de reptiles et autant d’amphibiens. Mais surtout, il y a 34600 espèces d’insectes et plus de 6000 plantes vasculaires.

Si l’on inclut la France d’outre-mer, les chiffres sont multipliés de plusieurs ordres. Il y aurait ainsi 26 fois plus de plantes, 60 fois plus d’oiseaux et jusqu’à 100 fois plus de poissons d’eau douce dans ces zones, souvent insulaires et très riches en endémisme.

En métropole, 19 % des vertébrés ont disparu ou sont gravement menacés (la dernière espèce à s’être éteinte en 2002 est le bouquetin des Pyrénées). 44 % des espèces de vertébrés présentes sont protégées par la Loi sur la protection de la nature et près de 7 % des plantes vasculaires.

Source : MEDD, IFEN

Biodiversité cultivée

Sur 300 000 à 500 000 espèces de plantes identifiées, environ 30 000 sont comestibles. Au cours de l’histoire, l’humanité en a cultivé ou cueilli 7000.

Aujourd’hui 3 espèces (Blé, riz, maïs) constituent plus de 50 % des calories végétales consommées dans le monde et 30 espèces en fournissent 90 %.

Par ailleurs, au sein même des espèces, seules les variétés les plus productives sont largement cultivées et les autres ignorées. Ainsi, aux USA, 86 % des variétés de pommes cultivées au XIXe siècle ne sont ni commercialisées ni stockées dans des banques de graines aujourd’hui. Il en est de même de 95 % des variétés de choux ou encore de 81 % des variétés de tomates.

Mais l’agriculture, c’est aussi l’élevage : Sur les 50 000 espèces de mammifères et d’oiseaux connus, seules 30 ont été élevées à grande échelle et 15 assurent plus de 90 % de l’élevage dans le monde. En 15 ans, 300 des 6000 races recensées par la FAO ont disparu et 1350 races sont menacées de disparition. En Europe, la moitié des races a disparu en un siècle.

Source : FAO



Biodiversité forestière

Les forêts tropicales à elles seules abritent quelque 50 % de tous les vertébrés connus, 60 % des essences végétales et peut-être 90 % des espèces totales de la planète

Entre 1850 et 1980, 15 % des forêts du monde ont été défrichées

Selon la FAO (Food and Agricultural Organization), il y a chaque année une perte nette de 9,4 millions d’hectares de forêts (0,22 % de la surface forestière par année) depuis 1990, dont la plus grande partie est constituée par des forêts tropicales naturelles. De plus, ces chiffres prennent en compte le taux de reforestation. Le taux de destruction de forêts naturelles est donc plus élevé, de l’ordre de 14 millions d’hectares par an sur un total de 4 milliards d’hectares. Les facteurs les plus importants de déforestation sont tous d’origine humaine et sont les suivants : conversion des zones forestières en terres agricoles, surpâturage, transformation radicale des modes d’exploitation, feux de forêt d’origine humaine, gestion non durable des forêts, introduction d’espèces animales et végétales invasives, développement d’infrastructures (routes, barrages hydro-électriques, extension des zones urbaines), exploitations minière et pétrolière, pollution et changement climatique.

Aux Philippines en particulier, la forêt est passée d’un taux de recouvrement de 50 % de la surface du pays à moins de 24 % en 40 ans. Il s’agit du pays au monde qui a le plus fort taux de déforestation (ce qui n’est pas sans lien avec les récentes inondations meurtrières qui l’ont ravagé).

Le cas du Brésil est tout aussi spectaculaire : le Brésil est le pays où l’on trouve le plus grand territoire occupé par des forêts tropicales et c’est en même temps celui ou la déforestation fait le plus de ravages. Au cours des années 80 et 90, 50 millions d’hectares de forêts ont été défrichés dans les États de Rondônia, Pará, Amazonas, Mato Grosso et Acre, ce qui représente près de 14 % de la forêt amazonienne brésilienne. En une année, cela équivaut à la moitié de la Suisse ou encore à plus de deux fois la superficie de la forêt des Landes. La déforestation à cette échelle n’a aucun précédent.

Cependant, si la déforestation reste préoccupante dans les pays du sud, dans les pays occidentaux au contraire, la forêt regagne du terrain.

En France, depuis le début des années 80, la surface forestière a crû de plus de 3 % pour arriver autour de 15 millions d’hectares et en Pologne, depuis 1945, elle a crû de plus de 30 % par exemple et la proportion de forêt protégée par l’état était de presque 50 % en 1996.

La déforestation est reconnue comme un problème majeur de conservation, mais on ne s'est que peu soucié de la question connexe de fragmentation de l'habitat. Dans l'Amazonie brésilienne, les superficies forestières fragmentées (avec des forêts de moins de 10 000 ha) ou exposées aux effets de bordure (moins d'un kilomètre des défrichements) équivaut à plus de 150 pour cent de plus que la zone déboisée

Sources : FAO, IFEN

Aires protégées

Selon la liste des Nations Unies de 2003, il y aurait 100 000 aires protégées à travers la planète ; elles couvriraient 19 millions de km2, soit 12 % de la surface terrestre.

En France, les parcs nationaux, au nombre de 6, protègent 2,3% du territoire métropolitain, les réserves naturelles 0,4% et les arrêtés de biotope 0,2%. Les zones de protection retenues au nom du programme européen « Natura 2000 » couvriraient quant à elles 5% du territoire métropolitain.

Source : UICN


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