Insitut français de la biodiversité

 

Accès et usages locaux

 


De tout temps, chaque société a mis en place, plus ou moins localement, des gestions et des pratiques de conservation de la biodiversité. Aux trois niveaux de la diversité biologique classiquement pris en compte par les naturalistes (gène, espèce, écosystème), il faut ajouter un quatrième niveau : la diversité culturelle des populations humaines, de leurs représentations et usages de la nature.

La prise ne compte et le maintien des pratiques humaines locales et des savoirs qui leur correspondent apparaissent de plus en plus souvent comme une bonne solution pour la conservation d'une diversité élevée dans la biosphère : c'est en particulier la position de la Convention de Rio, dans son article 8 (conservation in situ), alinéa j. En même temps que ces « communautés locales et peuples autochtones » sont considérés comme les plus efficaces des gestionnaires, ils sont également institués comme les principaux bénéficiaires et les « propriétaires » de la biodiversité.

La conception et la mise en place des politiques de conservation de la biodiversité et, plus largement, des processus de patrimonialisation de la nature et des politiques environnementales ne peuvent se concevoir maintenant sans la prise en compte du niveau local. Aux décisions « exogènes » se substitue de plus en plus une négociation à divers niveaux, de l'international au local. Elle implique un jeu d'acteurs dans lequel le scientifique naturaliste, s’il y a encore une place essentielle, n'est plus le seul expert, ni la seule instance évaluatrice. Les ONG jouent un rôle de premier plan dans tous ces processus et s'érigent souvent en représentant des communautés locales.


Quelques perspectives de recherche :

Pratiques locales de conservation de la biodiversité.

Mise en évidence de pratiques conservatrices et de stratégies de gestion patrimoniale des ressources par les communautés locales.
Evaluation de l'efficience de ces pratiques en terme de dynamique de la biodiversité et de dynamique sociale et économique.


Valeurs et valorisation de la biodiversité.

Analyse de l'évolution des valeurs, fonctions, et usages de la biodiversité et des nouvelles formes de valorisation.
Les systèmes de droit de propriété intellectuelle et les savoirs et pratiques locales.


Discordances et conflits entre acteurs.

Analyse des compétitions entre usages et des risques de conflits entre usagers locaux mais également entre acteurs à diverses échelles (du local à l'international). Compréhension des logiques et stratégies.


Usages locaux versus protection internationale.

Analyse des processus de conservation de la biodiversité « exogènes » (aires protégées, liste rouge, etc.) et de leurs implications sur le niveau local.



Un appel à propositions "Dynamique de la biodiversité et modalités d’accès aux milieux et aux ressources" à été lancé en 2002 par l'IFB sur ce sujet.

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